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La femme qui fuit | Anaïs Barbeau-Lavalette

La femme qui fuit, c’est Suzanne Meloche, la grand-mère maternelle d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Cette peintre et poète a abandonné ses deux jeunes enfants en 1952 afin de se réaliser comme artiste. Elle a choisi de fuir plutôt que de renoncer. Anaïs rend sa grand-mère humaine et touchante. C’est un roman qui ne laisse pas indifférent.

Suzanne Meloche a été mariée avec Marcel Barbeau, peintre et signataire du Refus Global. Elle voyait son mari vivre de son art et se réaliser, alors qu’elle était confinée à son rôle de femme au foyer. Elle a pris la déchirante décision d’abandonner ses enfants.

« Il fallait que tu meures pour que je commence à m’intéresser à toi.

Pour que de fantôme, tu deviennes femme. Je ne t’aime pas encore.

Mais attends-moi. J’arrive. »

LA FEMME QUI FUIT | ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE | MARCHAND DE FEUILLES

Anaïs s’est inspirée de la vie de sa grand-mère. Afin de reconstituer certains bouts de l’histoire, elle a engagé une détective privée. Elle a comblé les trous à l’aide de son imagination.

« On part bientôt. Je suis dans ta chambre. Contre la fenêtre, une autre petite plante verte. Elle s’appuie sur la vitre, aspirée par le jour.

Au pied de ton lit, des livres sont empilés. J’en lis des passages, au hasard, soudain avide d’indices de toi.

Entre deux essais sur le zazen bouddhiste : une pochette de carton jaunie.

Dedans, des lettres. Des poèmes. Des articles de journaux.

Une mine d’or, que j’enfouis dans mon sac en voleuse. »

La femme qui fuit | Anaïs Barbeau-Lavalette | Marchand de feuilles

Anaïs Barbeau-Lavalette nous amène dans plusieurs périodes de l’histoire de sa grand-mère (et de l’Histoire en général) : 1930-1946, 1946-1952, 1952-1956, 1956-1965, 1965-1974, 1974-1981, 1980-2009 et aujourd’hui (le roman est paru en 2015).

L’auteure s’adresse directement à sa grand-mère et ne la ménage pas. Sa grand-mère est représentée comme une femme intense et déchirée entre son besoin de créer et la vie de famille traditionnelle.

Nul besoin d’avoir des enfants pour être touché par la plume d’Anaïs.

J’avais l’impression d’abandonner des enfants que je n’ai pas.

Au fil de la lecture, j’ai senti qu’Anaïs la comprenait mieux. La lumière arrive lorsqu’on réalise qu’elle pardonne à sa grand-mère. Elle ne la voit plus seulement comme une femme qui a blessé sa mère à jamais, mais aussi comme une femme d’une autre époque qui pouvait difficilement concilier sa vie d’artiste et sa vie de mère.

Elle avait besoin de liberté.

Les enfants de Refus global

Si vous avez envie d’aller plus loin, Manon Barbeau, la mère d’Anaïs et la fille de Suzanne Meloche, a réalisé un documentaire sur les enfants de Refus global. Cliquez ici pour l’écouter.

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Julie Collin
Fondatrice, blogueuse en chef et animatrice de l'émission

Libraire, chroniqueuse culturelle et animatrice, ma vie tourne pas mal autour des livres!

(Ma vie tourne aussi pas mal autour de la radio. La preuve : je suis diplômée en animation radiophonique et je veux en vivre.)

Je lis de tout, et partout. Sur papier et sur ma liseuse numérique.

Je parle de mes lectures simplement, comme j'en parle avec mes amis devant un verre ou une tasse. Sentez-vous bien à l'aise de vous préparer un breuvage. 😉

N’hésitez pas à commenter et/ou à me recommander des lectures.

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