Couverture du livre Le Pace du Bonheur : courir et vivre pour soi de Nathalie Bisson, en collaboration avec Mylène Moisan, publié chez Guy Saint-Jean Éditeur.
Le Pace du Bonheur, c’est courir à son rythme, sans hésiter à marcher au besoin, sans pression et sans montre, et surtout, avec beaucoup de plaisir. Vous ne courez pas? Pas grave, cette philosophie s’adresse à tous et dépasse largement la course à pied! La preuve : l’éditeur suggère de classer ce livre dans développement personnel/psychologie, et non dans sport.
Avant de commencer à vous raconter l’histoire de Nathalie Bisson et sa philosophie de vie, laissez-moi expliquer rapidement le mot pace. Par exemple, un pace de 5:30 signifie que le coureur met 5 minutes et 30 secondes pour courir 1 km. Un pace plus rapide permet de compléter une course plus rapidement. Les programmes d’entraînement sont souvent basés sur le pace à atteindre à différents moments du programme. Le pace peut être un facteur de comparaison, de discussion, de frustration et de jalousie entre les coureurs. On peut connaître facilement son pace à différents moments (en direct, en moyenne, sur certains segments) à l’aide d’une montre de course.
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Maintenant que vous en savez plus sur le pace, allons-y avec l’histoire de Nathalie!
Les excuses. Je n’ai pas le temps. Je ne suis pas assez bon(ne). Nathalie Bisson en avait beaucoup plus que vous pouvez imaginer, des excuses. En plus des classiques j’ai des enfants, je travaille, je suis en couple, blablabla, elle a été diagnostiquée à 36 ans d’une maladie auto-immune : l’arthrite rhumatoïde sévère. Le médecin lui a conseillé de se magasiner une marchette, et éventuellement, un fauteuil roulant.
Sauf que Nathalie Bisson n’en avait rien à faire des excuses : elle voulait vivre, tout simplement. Ses recherches l’ont amené à découvrir que le sport est positif pour les maladies auto-immunes. Elle s’est donc acheté un vélo stationnaire et a commencé par de douloureux 60-75 secondes de vélo, pour finalement en venir à faire des voyages en vélo.
J’allais oublier : elle avait une autre excuse. Elle fumait. Beaucoup. Avec beaucoup de plaisir. Elle a réussi à arrêter de fumer.

« J’ai essayé quatre fois, j’ai échoué trois. C’est mathématique, il faut toujours avoir un essai de plus que le nombre d’échecs. »

Puis elle s’est mise à la course à pied. Ça allait plutôt bien son affaire. Elle courait beaucoup, elle faisait partie de la communauté des coureurs. Elle avait du plaisir. Sauf que, un jour, son médecin lui a demandé de ralentir. Le sport est recommandé pour les maladies auto-immunes, mais il ne faut pas exagérer. Et Nathalie était très exigeante envers elle-même.
Elle a dû modifier sa vie de coureuse. Ça n’a pas été facile.

« Mon nouveau pace s’apparentait plus au pace de l’orgueil qu’à celui du bonheur. La première fois que j’ai osé marcher, j’étais sur le boulevard Loiret, j’ai aperçu une auto au loin et je me suis remise à courir. J’ai fait ça pendant au moins six mois, chaque fois que je croisais une auto ou un coureur. C’est tellement niaiseux! »

« Je partais de loin, j’avais tellement bûché pour faire partie de la communauté des coureurs, pour me tailler une place dans la gang. Et n’entre pas dans cette communauté qui veut, avec son étiquette et ses « ti-kits », ses m’as-tu-vu et ses qu’en-dira-t-on. Contrairement au dicton, au sein de cette communauté, quand on se compare, on ne se console pas. Le monde de la course, qui est parfois une course aux apparences, est vraiment atteint du syndrome du voisin gonflable. »

Son pace depuis qu’elle a modifié sa façon de courir? Elle n’en a aucune idée puisqu’elle a jeté sa montre. Oui, jeté!
Avec le temps, elle en est venue à écouter son corps, à marcher au besoin, à rayonner de bonheur lorsqu’elle porte ses souliers et dans la vie en général.
En octobre 2014, elle a réalisé son premier marathon au Pace du Bonheur.

« Je n’ai aucune idée de ma cadence, je ne sais pas combien de minutes je cours, ni combien de minutes je marche. Ce que je sais, c’est que pour la première fois, je prends le temps de « vivre » ma course. Aux points de ravitaillement, je m’arrête pour jaser avec les bénévoles, les remercier d’être là pour nous, sous la pluie. »

On peut marcher pendant une course, même officielle. Oui oui. On peut y aller à son rythme, vraiment. La seule mise en garde que je fais est de ne pas se placer près du fil de départ si le podium n’est pas une possibilité. Ça ralentit tout le monde qui suit et c’est dangereux pour tout ce beau monde. Personnellement, j’aimerais ne pas me faire foncer dedans par les coureurs plus rapides. Une chute est si vite arrivée.

« Un marathon, c’est une distance, pas un temps. Peu importe où j’ai regardé, dans toutes les définitions de marathon, dans toutes les explications, c’est une distance, point barre. On ne parle jamais de temps. L’obsession du temps vient de l’obsession de la performance, de se comparer aux autres. »

Je disais en début d’article que le Pace du Bonheur s’applique à d’autres sphères de la vie. Un pas à la fois, en ayant du plaisir, ça s’applique aussi lorsqu’il est question de terminer un rapport pour le boulot. Ça s’applique aussi lorsqu’il est question de publier un article sur un blogue (je me parle!). À chacun ses objectifs!

Causerie avec Nathalie Bisson et Mylène Moisan, animée par Julie Collin.

J’ai eu l’occasion d’animer une causerie avec Nathalie Bisson et Mylène Moisan. La discussion m’a confirmé ce que je pensais déjà : ce livre va bien au-delà de la course à pied!

Un récit qui fait réfléchir

Cette lecture m’a brassée un peu beaucoup parce j’ai moi aussi des excuses. Ma plus grande excuse est de la douleur aux seins depuis 2015. Il m’arrive d’avoir de très vives douleurs sans rien faire. Imaginez lorsque je cours! J’ai tout simplement fait le deuil de ma vie de coureuse. J’étais tannée de m’habiller pour maximum 5 minutes de course et de devoir m’endurer par la suite. Ça serait tellement pratique si je pouvais les dévisser… J’ai même demandé à une médecin du Centre des maladies du sein Deschênes-Fabia de me les enlever au complet. Elle n’a pas accepté.
Tranquillement pas vite, je me suis éloignée des gens avec qui les conversations tournent autour de la course à pied.
J’avoue que j’avais déjà pris certaines distances depuis mon accident au genou droit en 2012. J’avais appris à relativiser la performance et le plaisir de courir. J’étais déjà tannée d’entendre des coureurs chialer sur leurs performances décevantes (selon eux, bien sûr) à cause du vent, d’une crampe, de la pluie, name it.

Le hasard veut que j’ai vécu une course du bonheur en même temps que Nathalie Bisson sans le savoir. Avec mes lunettes dans une main et un verre d’eau dans l’autre, j’étais moi aussi à Rimouski en 2014. Mes souliers étaient très lourds à cause de la pluie. Je suis allée dans une toilette chimique 2 fois parce que le bruit de l’eau et les pieds mouillés me donnent envie. Mais savez-vous quoi? J’étais heureuse!


Nathalie Bisson adore les fils d’arrivée, moi j’adore les zones de départ. J’aime l’énergie de tous les coureurs qui attendent, ensemble. J’ai malheureusement arrêté de fréquenter les courses officielles parce que j’en avais marre de me sentir poche (par rapport à avant), et surtout, j’en avais marre des discussions négatives post-course. Je peux tu juste avoir du plaisir svp?
Et oui, vous pourrez me croiser en train de courir quelques minutes sur le bord de la St-Charles dans les prochains jours!

Courir pour soi

Je l’avoue, j’ai commencé à courir des demi-marathons (21,1 km) pour les autres. J’étais très heureuse avec mes courses de 10 km. Je n’étais pas obligée de manger comme du monde avant (le nombre de fois où j’ai couru 10 km à jeun!), je pouvais courir à un pace confortable pour moi (j’ai toujours trouvé difficile de courir l-e-n-t-e-m-e-n-t), ça ne me demandais pas beaucoup de temps, c’est moins cher… Bref, je n’avais aucune envie de courir des demis-marathons. Jusqu’au jour où une coureuse inscrite au demi-marathon alors que je l’étais au 10 km a dit que je n’étais pas rendue là. Une coureuse beaucoup plus lente que moi. Mais elle a piqué mon orgueil. J’ai couru plusieurs demi-marathons par la suite, sans retrouver le plaisir que j’avais au 10 km. Tout ça par orgueil… Pas fort hein? Et pourtant, on fait tous des choses en fonction des autres. Et si on vivait au Pace du Bonheur?
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➡️ Cliquez ici pour lire le texte La course sans la montre de Mylène Moisan, à propos de Nathalie Bisson.

Le Pace du Bonheur : courir et vivre pour soi
Nathalie Bisson (propos recueillis par Mylène Moisan)
Guy Saint-Jean Éditeur
ISBN : 978-2-89758-668-3

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