Treize à table | sous la direction de Chrystine Brouillet & Geneviève Lefebvre

Couverture du recueil de nouvelles Treize à table, sous la direction de Chrystine Brouillet et Geneviève Lefebvre.

Attention : Ce recueil de nouvelles pourrait vous ouvrir l’appétit et vous donner soif!

Ayant été avertie des risques de lire ce livre avec le frigo vide, j’ai commencé ma lecture accompagnée de pailles au fromage de la boulangerie Simon (recommandation de Chrystine Brouillet lors du Salon du livre de Montréal 2017) et une coupe de Aranleon Blés Crianza.

Nous avons tous des souvenirs liés à la nourriture. L’odeur des biscuits, la première fois qu’on a mangé du gelato, le réconfort d’une lasagne…

Gourmandes, les auteures Chrystine Brouillet et Geneviève Lefebvre ont eu envie de célébrer la gourmandise et l’amitié.

« Dès lors, nous avons rêvé à une grande table qui réunirait les goûts et les talents de chaque convive. Le chiffre 13 ne nous effraie pas, car ce repas est destiné à être partagé avec vous. Nous vous conseillons de prévoir un délicieux nectar et quelques bouchées à savourer avant de déguster ces nouvelles. » Chrystine Brouillet & Geneviève Lefebvre

Les 11 auteurs qui les accompagnent sont : Michel Marc Bouchard, Geneviève Brouillette, Rafaële Germain, Patrice Godin, Michel Jean, Samuel Larochelle, François Lévesque, Annie L’Italien, Ian Manook, Michèle Plomer et Erika Soucy.

Le résultat : un recueil de textes variés qui contient aussi des recettes.

Je vous partage quelques extraits, juste pour vous montrer comment la thématique de la nourriture peut être abordée de différentes façons.

« Le sort voulu que je fusse assis face au dramaturge Michel Tremblay, l’une de mes plus grandes idoles. J’avais demandé une soupe aux poireaux. J’étais si impressionné, si nerveux, si tétanisé par la présence de l’écrivain que je n’arrivais pas à faire un geste aussi simple que de tremper, ne serait-ce qu’une seule fois, ma cuillère dans la soupe aux poireaux. Je n’ai pas réussi à prononcer une seule phrase de toute la soirée et ma soupe est demeurée intacte. Tremblay a dû se dire que Brassard travaillait avec un jeune auteur autiste. Le syndrome de la soupe aux poireaux est réapparu à quelques occasions, entre autres lors de ce tête-à-trois avec Leonard Cohen et Gilles Vigneault. Mon déjeuner demeura à nouveau intact pour la postérité. » Michel Marc Bouchard dans Des confitures pour Pina Bausch

« On glisse devant nous de minuscules guimauves aux cacahuètes et une délicate mise en bouche de céleri émincé, Granny Smith, yaourt dans une émulsion à la pomme verte et à l’aneth. Les scrupules de Michèle battent en retraite devant tant de fraîcheur. Nous poussons en même temps un soupir de bonheur alors que le sommelier nous verse un verre de Saint-Joseph 2015 du Domaine Courbis. Ample, gorgé de soleil, il nous fait oublier le crachin tenace qui ternit Paris depuis des jours. » Chrystine Brouillet dans Dame de cœur, Dame du Pic

« Et elle goûta. La confiture était onctueuse, beaucoup plus sucrée que la chair de la pêche qu’elle avait mangée crue, et sa saveur semblait se décliner en couches et en étages, comme si le fruit avait été déconstruit et chacune de ses parts glorifiée et optimisée jusqu’à en être presque exagérée. Et tout autour dansaient la cannelle, la muscade et le girofle, telles des fées venues saupoudrer le fruit renouvelé de leurs bonnes attentions. Catherine était transfigurée. » Rafaële Germain dans Catherine

« Ton gâteau préféré, non? Tu t’es souvent abstenue de te faire plaisir en mangeant à cause de tes principes et d’un surplus de poids que tu étais la seule à remarquer. Si tu savais à quel point tu es belle, telle que tu es. Ne laisse jamais personne prétendre le contraire. Pour moi, malgré ce que je t’ai déjà dit, tes formes voluptueuses sont le reflet non pas de ta façon de gérer tes émotions, mais bien de ta façon de croquer dans la vie et d’accueillir le plaisir. Mange une part de gâteau, puis prends-en une deuxième. » Annie L’Italien dans Le dernier

Je me suis créée plein de besoins en lisant ce livre, comme l’envie de visiter Malaga en été pour y manger des olives et de manger de la gelée de pêches blanches de la vallée du Niagara. Heureusement, il y a un besoin que je ne me suis pas créé : investir dans un déshydrateur.

Toutes les nouvelles sont savoureuses (!) à leur façon. Je sentais les odeurs, je goûtais les épices et je comprenais les textures.

Ma plus grande surprise : Geneviève Brouillette écrit. Mieux, elle écrit bien! Je vais suivre ses futures publications.

Et j’ai un coup de cœur pour la dernière nouvelle! Ça se termine en force!

De plus, ce livre est super photogénique.

Évidemment, je ne peux pas terminer cet article sans vous raconter un de mes souvenirs liés à la nourriture.

Je bois mon café noir et sans sucre depuis 2005. Depuis, le seul lait qui peut s’ajouter à mon café est lorsque je prends un bol de café au lait. C’est si réconfortant!

Et pourtant, mon meilleur café à vie, il était sucré avec du lait. C’était en 2008, plus de 3 ans après ma conversion vers le café noir.

J’étais à Boquete au Panamá avec une copine. Nous étions parties de Panamá City et nous devions nous rendre à Managua au Nicaragua environ un mois plus tard. Boquete était sur le chemin. Et ça avait l’air beau.

Et pour être beau, ce l’était. Je garde des souvenirs de plantes luxuriantes, de fleurs colorées, de caféiers. J’avais lu que plusieurs personnes viennent prendre leur retraite à Boquete. Je peux comprendre!

Nous avions discuté avec deux gars à l’auberge de jeunesse. Leur plan : monter le Volcan Barú de nuit, cette nuit. Ils seraient en mesure de voir le lever du soleil au-dessus des nuages en partant de l’auberge vers 20 heures.

Ça a attisé ma curiosité. Et celle de mon amie. Nous étions jeunes et insouciantes. Pourquoi pas?!

Étant conscientes que nous n’avons pas la même forme physique que les deux gars, nous avons déterminé que nous ne ferions pas l’ascension ensemble.

L’ascension fut longue et pénible. Nous n’avions pas dormi pendant la journée, nous n’avions pas les bons souliers, nous n’avions pas de lampes de poche, nous n’avions pas assez de nourriture et d’eau. Une chance que le ciel était dégagé et qu’on pouvait bien voir le chemin grâce aux étoiles.

Arrivées au sommet, nous avions froid. Nous étions au-dessus des nuages. Nous avons trouvé un coin pour nous cacher un peu du vent. Plus précisément, nous avions 3 murs pour nous protéger.

Un des murs s’est ouvert. C’était la porte qui menait à la maison du gardien du volcan.

C’est lui qui a préparé le café avec du lait et du sucre!

Pourquoi il était si bon? Parce qu’il était inattendu. Je ne m’attendais pas à me faire offrir un café par le gardien du volcan.

Ce café m’a permis de redescendre pendant 6 heures avec un peu plus d’énergie.

Le lever du soleil? Magique!

En haut du volcan Barú.

Un selfie mal cadré après avoir bu mon meilleur café à vie! Je suis au-dessus des nuages et il faisait très froid!

Je pourrais aussi vous parler des macarons Pierre Hermé que je mangeais dans un parc à Lyon. Je pourrais aussi vous parler de la limite de 6 mangues par jour que je me suis imposée lorsque j’étais en Amérique Centrale parce qu’elles fondaient dans la bouche (rien à voir avec ce qu’on trouve au Québec). Je pourrais aussi vous parler de la révélation que j’ai eue lorsque j’ai goûté du pu’er pour la première fois chez Sebz. Et je pourrais vous parler du merveilleux pain de seigle que j’achetais à Hjorthøj au Danemark. Et de la réglisse salée danoise. Ok, je me calme la nostalgie!

Et vous, quels sont vos souvenirs liés à la nourriture?

Treize à table
Michel Marc Bouchard, Chrystine Brouillet, Geneviève Brouillette, Rafaële Germain, Patrice Godin, Michel Jean, Samuel Larochelle, Geneviève Lefebvre, François Lévesque, Annie L’Italien, Ian Manook, Michèle Plomer & Erika Soucy
Éditions Druide
ISBN : 9-782897-114114

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