Hare Krishna | François Gilbert

Couverture du roman Hare Krishna de François Gilbert, publié chez Leméac.

J’ai découvert ce roman grâce à un événement où les lauréats des Prix littéraires du Gouverneur général 2016 étaient mis en valeur. J’avais entendu une courte mise en lecture et j’avais ajouté ce roman à ma liste. Hare Krishna a gagné le prix Littérature jeunesse – texte en français

« Je cherche la paix, mais une nervosité se manifeste à chacune de leurs interventions. Je ne veux plus les écouter, je ne veux pas échouer. Heureusement, je me rappelle les sages paroles de Swani Prabhupâda : « Aucun obstacle n’arrête l’homme vraiment désireux de rendre sa vie parfaite. » »

Le roman se déroule sur une semaine, avec quelques retours dans le temps.

6 mois plus tôt, Mikael, 16 ans, est en fugue à Montréal. Il a faim et décide de voler dans un dépanneur. La personne qui le prend sur le fait lui offre à manger et un toit. Cette personne, Bhagavan, invite à la confiance et aux confidences. C’est grâce à cette rencontre que Mikael découvre une communauté Hari Krishna.

« Dans le noir total, ce qui me frappe, c’est l’intensité de la lumière qui émane de lui. Pas une lumière de vedette prête à tout pour briller dans les entrevues que Maman aime regarder à la télé. Non, une lumière pure, qui part de l’intérieur. La lumière de quelqu’un qui est en paix, qui ne cherche pas à impressionner, à obtenir l’approbation de l’autre. La lumière de quelqu’un qui sait qui il est. »

Le vendredi (premier jour de la semaine), Mikael se retrouve en voiture avec sa mère, sa tante et son oncle. Destination : le village en Beauce où il habitait avant d’aller à Montréal. Sa famille est troublée par son pagne indien, ses cheveux rasés avec une mèche sur le dessus de la tête et sa perte de poids. La famille s’arrête chez Simons pour trouver des vêtements décents pour Mikael.

On comprend très vite que son retour en Beauce se justifie par l’enterrement de son père.

Il y a 6 mois, c’était un ado rebelle qui prenait de la drogue tous les jours.

Depuis 6 mois, il n’a pas consommé d’alcool, de drogue, de viande et de sexe.

Sa famille était contre sa consommation de drogue, au point où son père avait retiré la porte de sa chambre. L’arrêt de sa consommation de drogue réjouit sa famille, mais comme il a compensé par ce qui est considéré comme une secte et qu’il ne mange plus de viande, sa famille n’approuve pas du tout sa démarche.

Et Mikael de son côté, ne se reconnait pas dans le racisme ordinaire de sa mère et de son frère. Il ne se reconnait pas dans les occupations futiles de sa famille. Il ne se reconnait plus dans son ancienne vie.

« Ma chambre n’a pas changé d’une miette, mis à part le fait qu’elle a été trop bien rangée. Planche de snow, skate, vêtements de marques, CD, tout a été placé avec soin. On dirait une chambre-musée, pleine de souvenirs que mes parents auraient gardés de moi, de leur enfant mort. Ça donne le vertige. Celui qui utilisait tout ça n’existe plus. Celui qui accumulait tout ça vivait dans un monde d’apparences, vide, où le seul objectif était d’être le plus beau, le meilleur, le plus populaire. Je suis content de ne plus essayer d’être ça. »

En plus d’être loin de sa communauté pendant la semaine qu’il passe en Beauce, Mikael doit vivre avec les jugements de sa famille et de ses anciens amis.

« Maman insiste. Elle s’énerve presque. Des plaques rouges couvrent le haut de sa poitrine et montent jusqu’à son cou. Mononcle regarde par terre. Matante semble se demander si le moment est venu d’intervenir. Elles ont sûrement beaucoup discuté toutes les deux avant d’entreprendre ce voyage. Comment réagir si je fais ceci, renonce à cela. Pendant que j’imagine leurs interminables échanges, la voix du Maître Prabhupâda me ramène à l’ordre. La conversation de Matante et de Maman n’a peut-être jamais eu lieu, alors à quoi bon l’inventer si ce n’est pour m’enrager? L’air entre et sort par mes narines. »

Sa mère, bien que non-croyante, demande l’aide du curé du village pour ramener Mikael dans le droit chemin. Est-ce que la religion catholique est mieux que le mouvement Hare Krishna?

Heureusement, Mikael peut compter sur le soutien de sa marraine, brouillée avec sa famille depuis 5 ans. Puisqu’il est mineur, sa marraine s’est fait passer pour sa mère pour qu’il puisse rester au Temple.

C’est un roman super intéressant où on en apprend beaucoup sur comment ça se passe au Temple Hare Krishna (réveil à 3h30, danse, chant, prière, festin végétarien). Aussi, on se retrouve dans la tête de Mikael et on a accès à ses réflexions et à ses doutes.

Ça amène certaines réflexions sur nos propres réactions.

Mon seul bémol : Il s’en passe en titi des affaires en une semaine! Peut-être trop? Ça me donne l’impression que le récit a été trop resserré vers la fin. C’est crédible, mais ça va trop vite à mon avis.

Et vous, que feriez-vous si l’un de vos proches se convertissait à une religion ou adhérait à de nouvelles croyances qui ne sont pas les vôtres?

Hare Krishna
François Gilbert
Leméac
ISBN-13 : 978-27609-4222-6

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