Le parc dont il est question dans ce merveilleux petit livre est un lieu où on peut se retirer pour éviter que les soucis s’accumulent. Pour ne pas tasser une crise existentielle sous le tapis. Pour régler une situation à la fois plutôt que de voir les problèmes s’accumuler. Un lieu pour tester son envie de vivre et pour réfléchir.

« t’es en visite au
parc du last call
pour se tester l’espoir »

CARNET DE PARC | VÉRONIQUE GRENIER | LES ÉDITIONS DE TA MÈRE

« me semble que ça prend plus
que s’accrocher à une rame
suivre les vagues
finir safe assis sur une planche de bois
à être heureux de ne bouger de rien
me semble que je devrais valider
autre chose que ma capacité à l’inertie »

CARNET DE PARC | VÉRONIQUE GRENIER | LES ÉDITIONS DE TA MÈRE

Chaque « chapitre » débute par le même paragraphe. Paragraphe qui se rétrécie d’une phrase à chaque fois. Je l’ai vu comme une façon de nous montrer qu’on tourne en rond, mais que la douleur diminue.

« C’est un lieu rond. On y arrive du dessus parce qu’on l’a ressenti. Un jour de trop. Il y a des arbres. Un plan d’eau. Des aires de jeux. De repos. Faut faire le tour.
Longer le bord.
Choisir la vie, le vide. »

CARNET DE PARC | VÉRONIQUE GRENIER | LES ÉDITIONS DE TA MÈRE

Suite à quoi la narratrice nous partage un extrait de son journal.

Peu importe notre âge, lorsqu’on vit des crises, on a envie de retourner en enfance, de faire prendre soin de soi.

« j’aimerais que ma mère me badigeonne
de Mercurochrome des pieds à la tête
question de prévenir les écorchures à venir
celles faites qu’elle a oubliées
les mères oublient
portent le déni en peau de secours »

Carnet de parc | Véronique Grenier | les éditions de ta mère

Un personnage tente d’influencer les gens qui fréquentent le parc : On. Est-ce les pressions qu’on se met et que les autres nous mettent? Est-ce les gens qui donnent des conseils, parfois non sollicités, pour nous aider? Est-ce les solutions supposément universelles? Les phrases du genre ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort?

« je voudrais une petite poussée
que quelqu’un décide à ma place
le genre d’espoir cultivé ici
dans le jardin
des déceptions anticipées
au travers des rosiers
on nous martèle de semer
ce qui est trop beau pour être vrai »

CARNET DE PARC | VÉRONIQUE GRENIER | LES ÉDITIONS DE TA MÈRE

« je collectionne des roches
on m’a suggéré ça sur un papier à cocher
les listes me rassurent
j’y Pavlov
mais on sait je suis un chien docile
bien entrainée
toujours là
toujours prête »

CARNET DE PARC | VÉRONIQUE GRENIER | LES ÉDITIONS DE TA MÈRE

« on me demande de ne pas bouger
jusqu’à ce que ce soit comme si
y m’étais rien arrivé
je voudrais ben avaler un anxiolytique
prendre un petit boire
me faire de joyeuses heures
cinq à sept à m’esquiver
mes amitiés sont ailleurs
le bord du parc m’appelle »

CARNET DE PARC | VÉRONIQUE GRENIER | LES ÉDITIONS DE TA MÈRE

Carnet de parc me semble un excellent candidat pour le futur club de lecture de la Librairie Morency. C’est le genre de livres qui peut amener plusieurs discussions enrichissantes.

Je vais le garder précieusement pour ma prochaine crise existentielle.

Et vous, rêvez-vous d’un parc similaire?

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Julie Collin
Fondatrice et blogueuse en chef

Libraire, chroniqueuse culturelle et animatrice, ma vie tourne pas mal autour des livres!

Je lis de tout, et partout. Sur papier et sur ma liseuse numérique.

Je parle de mes lectures simplement, comme j'en parle avec mes amis devant un verre ou une tasse. Sentez-vous bien à l'aise de vous préparer un breuvage. 😉

N’hésitez pas à commenter et/ou à me recommander des lectures.

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