Chroniques de Kitchike | Louis-Karl Picard-Sioui

Couverture du recueil de nouvelles Chroniques de Kitchike : la grande débarque de Louis-Karl Picard-Sioui.

[ + Audio 🎙 ] Bienvenue dans la réserve fictive mais réaliste de Kitchike. Au fil des pages, on partage le quotidien de ses habitants, jusqu’à la grande débarque.

Un peu comme pour le livre Le jeu de la musique de Stéfanie Clermont, Chroniques de Kitchike forme une série de nouvelles liées entre elles (short story cycle). J’ai fait part de mon observation à l’auteur, Louis-Karl Picard-Sioui. Voici un extrait de ce qu’il m’a répondu :

« La vérificatrice linguistique chez Hannenorak me disait que c’était un « roman par nouvelles ». Mon but était de créer un univers avec des personnages qui vivraient par eux-mêmes, pour que je puisse les observer sous différents points de vue. D’où le nom de chroniques. Mais bien sûr, il y a aussi un filon narratif, une histoire englobante. On aurait pu écrire « roman », mais on ne m’aurait peut-être pas permis cette liberté de butiner sur les niveaux de langage et les styles. »

Plusieurs personnages gravitent autour de cette réserve. Il y a deux familles qui se chicanent pour le pouvoir. Il y a des anciens qui sont près des traditions. Il y a des commères. Il y a des blancs qui jugent les Amérindiens aborigènes autochtones indigènes, membres des Premières Nations d’Amérique du Nord de la Grande Tortue.

Certains vivent à Kitchike depuis toujours et ne voudraient pas faire autrement. D’autres, y sont restés malgré eux, comme Elizabeth la nomade.

« Kitchike n’était pour Elizabeth qu’un accident de parcours, qu’une condition qu’elle avait acceptée à contrecœur le temps d’une tendresse bien méritée, pour pouvoir se réveiller quelques saisons près de cet homme, trop sédentaire, qui y était né et y avait vécu et y mourrait sûrement sans n’avoir jamais rien vu. Mais elle savait, elle avait toujours su, au plus profond de ses tripes, qu’il ne s’agissait que d’une étape de son parcours. D’ailleurs, au-delà de cet homme, Kitchike n’avait pour elle aucun attrait. Ce n’était à ses yeux rien de plus qu’un ghetto de suffisants. Cette réserve n’avait ni le charme délabré, mais authentique, de son village d’origine ni les attraits stroboscopiques de la cité. Kitchike, c’était à la fois trop et pas assez. Trop près et trop loin de la ville. Pas assez exotique et pas assez familier. Trop d’yeux bleus et trop de peaux cuivrées. Il n’y avait pour elle aucun avenir, ici. »

On fait aussi la rencontre d’un homme possédant de 3 à 5 prénoms qui éprouve des regrets puisqu’il a laissé sa passion de côté pour une femme.

« Jean-Paul Paul Jean-Pierre se rappela qu’une vie d’artisan n’était pas compatible avec une vie de couple. Que la poussière était mauvaise pour sa santé, que l’artisanat n’était pas rentable et qu’il valait mieux se trouver un vrai métier. Il se souvint que l’odeur de la babiche restait collée à sa peau et enlevait à Julie-Frédérique tout appétit et toute libido. Et c’est à ce moment que Jean-Paul Paul Jean-Pierre se rappela qu’il avait tout simplement abdiqué, car il était plus facile de laisser tomber que de gérer les conséquences de ses propres choix. »

Tous ont tendance à se fréquenter chez Alphonse Gaz Bar, le dépanneur de Kitchike. Surtout les dimanches matins. Chez Alphonse est l’endroit pour se tenir au courant de ce qui se passe à Kitchike. Quoique c’est aussi l’endroit tout indiqué pour sauver les apparences.

Le ton des nouvelles est la plupart du temps réaliste avec quelques touches de fantastique. Par exemple, dans la nouvelle L’homme qui fait danser les étoiles, Louis-Karl fait revivre un personnage d’un de ses livres précédents, Yawendara et la forêt des Têtes-Coupées. Teandishru’ a lu ce livre pendant son enfance et a du mal à croire que la vraie de vraie Yawendara est devant lui.

À lire pour savourer doucement les images évoquées par les mots de Louis-Karl Picard-Sioui.

Bienvenue à Kitchike, un spectacle basé sur le recueil Chroniques de Kitchike

Vendredi 13 avril 2018, j’ai assisté à la 4e représentation de Bienvenue à Kitchike à la salle D’Youville du Palais Montcalm. Pour la première fois, ce spectacle se déroulait à l’extérieur des réserves. La mise en scène était de Jocelyn Sioui, qui est aussi comédien et marionnettiste. Les autres comédiens étaient Louis-Karl Picard-Sioui, Sylvie Nicolas et Catherine Simard.

La première partie de la soirée était une lecture d’extraits du roman Manikanetish, par son auteure Naomi Fontaine. [Cliquez ici pour en savoir plus sur ce roman]

Le guitariste Frédéric Dufour accompagnait tous les artistes pendant la soirée.

Cliquez ici pour écouter ma chronique (diffusée le 16 avril 2018 à l’émission Premières loges à CKRL 89,1) ⤵️

Chroniques de Kitchike : la grande débarque
Louis-Karl Picard Sioui
Éditions Hannenorak
ISBN : 978-2-923926-17-9

Cet article contient des liens d’affiliation. Grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec, 4% de votre achat (la totalité de mes redevances) sont remis à un organisme œuvrant en alphabétisation. Tous les achats comptent. Il suffit d’utiliser un de mes liens sécurisés. Cliquez ici pour obtenir plus d’informations.

Exprimez-vous!

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.