Le poids de la neige | Christian Guay-Poliquin

Couverture du roman Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin.

[ + Audio  🎙 ] Oui oui, j’ai lu en plein mois de juillet ce livre oĂč la neige est omniprĂ©sente et menaçante. Et je vous suggĂšre de le lire quand bon vous semblera, peu importe la pĂ©riode de l’annĂ©e.

Le fils du mĂ©canicien revient au village aprĂšs une absence de plus de 10 ans. Son but : se rĂ©concilier avec son pĂšre. Un accident de la route Ă  l’entrĂ©e du village lui cause de multiples fractures aux jambes. Il est soignĂ© par la vĂ©tĂ©rinaire du village puisqu’il n’y a plus de mĂ©decin. Il n’est pas possible de le dĂ©placer vers un hĂŽpital pour recevoir des soins appropriĂ©s puisqu’il y a une pĂ©nurie d’essence dans ce village qui, pour couronner le tout, n’a plus d’électricitĂ©.

« Il n’y a plus d’électricitĂ© depuis des mois. Au dĂ©but, m’a-t-on dit, il y avait des coupures dans le village. Rien d’inquiĂ©tant. Les gens s’y Ă©taient pratiquement habituĂ©s. Ça durait quelques heures, puis ça revenait. Jusqu’à ce que, un matin, ça ne revienne plus. Ni ici ni ailleurs. C’était l’étĂ©. Les gens prenaient ça du bon cĂŽtĂ©. Par contre, quand l’automne est arrivĂ©, il a fallu penser Ă  s’organiser. Comme si on avait Ă©tĂ© pris par surprise. C’était l’hiver maintenant, et personne n’y peut rien. Dans les maisons, on se retrouve tous autour d’un poĂȘle Ă  bois et de quelques casseroles noircies. »

Il se retrouve Ă  devoir cohabiter dans une vĂ©randa avec Matthias, un homme qui est pris dans ce village malgrĂ© lui. En Ă©change d’un transport vers un autre village (lorsque ce sera possible, dans quelques mois) et d’une plus grande quantitĂ© de rations, cet homme doit s’occuper du fils du mĂ©canicien. MotivĂ© par son dĂ©sir de revoir la femme avec qui il est mariĂ© depuis 57 ans, Matthias accepte de s’occuper du fils du mĂ©canicien. Mais une vĂ©randa pour 2 personnes, c’est petit, surtout quand ces deux personnes n’ont pas d’affinitĂ©s.

« Nous avons encore une bonne rĂ©serve de bois, mais elle diminue rapidement. Nous vivons dans une vĂ©randa cousue de courants d’air et, plusieurs fois par nuit, Matthias se rĂ©veille pour alimenter le poĂȘle. Quand le vent se lĂšve, on sent que le froid nous tient dans le creux de sa main. »

Le fils du mĂ©canicien est complĂštement dĂ©pendant de Matthias. Son univers se limite pas mal Ă  ce qui peut voir par la fenĂȘtre, comme le niveau de la neige. D’ailleurs, le titre des chapitres reprĂ©sente les centimĂštres de neige qui s’accumulent.

« J’examine la longue perche que Matthias vient d’installer dans l’éclaircie. Je remarque qu’il l’a minutieusement graduĂ©e. C’est une Ă©chelle Ă  neige, annonce-t-il triomphalement. Avec la longue-vue, je peux voir que la neige atteint quarante et un centimĂštres. Je considĂšre la blancheur du dĂ©cor pendant un instant, puis me laisse choir sur mon lit en fermant les yeux. Merveilleux, me dis-je. Nous allons dĂ©sormais pouvoir mesurer notre dĂ©sarroi. »

Le temps s’écoule lentement, la neige s’accumule rapidement et leur situation ne s’amĂ©liore pas.

C’est confrontant pour le fils du mĂ©canicien de voir qu’un homme beaucoup plus vieux que lui est beaucoup plus en forme que lui.

« Sur le poĂȘle, il y a un chaudron rempli de neige. Cet automne, Matthias puisait l’eau directement dans le ruisseau qui descend vers le village. Elle Ă©tait claire et limpide. Elle goĂ»tait la pierre lisse et les racines. Certains matins, il devait casser la glace pour remplir son seau. Au dĂ©but, il suffisait qu’il appuie sur la surface, mais, peu aprĂšs, il a dĂ» se servir d’une branche, puis d’une hache. Un jour, il s’est lassĂ© et il a commencĂ© Ă  faire fondre de la neige. Ça ne goĂ»te pas la mĂȘme chose, mais je ne peux pas me plaindre. Ici, c’est Matthias qui s’occupe de tout. C’est lui qui chauffe le poĂȘle, qui cuisine, qui vide le pot dans lequel je fais mes besoins. C’est lui qui dĂ©cide, qui dispose, qui assume. Ici, c’est lui le maĂźtre de l’espace, et du temps. »

Le poids de la neige menace la toiture des maisons. Et le poids de la neige pĂšse sur le moral des villageois.

On voit le meilleur et le pire des humains. On les accompagne dans leur isolement, dans leurs désirs, dans leur entraide et dans leur égoïsme.

Je visualisais trĂšs bien ce qui se passait dans ce village isolĂ©, comme si j’y Ă©tais. Et on va se le dire, s’imaginer de la neige pendant les grosses chaleurs de juillet, c’est rafraĂźchissant!

Andrée A. Michaud recommande Le poids de la neige

Lors du Salon du livre de MontrĂ©al 2017, l’auteure AndrĂ©e A. Michaud m’a recommandĂ© la lecture de ce roman. D’ailleurs, j’en avais parlĂ© dans la liste des 20 livres que je vais lire en 2018.

Cliquez lĂ©gĂšrement plus bas pour Ă©couter sa recommandation. —



Le poids de la neige
Christian Guay-Poliquin
La Peuplade
ISBN : 978-2-92451-9295

Cet article contient des liens d’affiliation. GrĂące Ă  un partenariat avec la coopĂ©rative des Librairies indĂ©pendantes du QuĂ©bec, 4% de votre achat (la totalitĂ© de mes redevances) sont remis Ă  un organisme Ɠuvrant en alphabĂ©tisation. Tous les achats comptent. Il suffit d’utiliser un de mes liens sĂ©curisĂ©s. Cliquez ici pour obtenir plus d’informations.

Exprimez-vous!

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icĂŽne pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Google+. DĂ©connexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion /  Changer )

Connexion Ă  %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.