Moi aussi je voulais l’emporter | Julie Delporte

Couverture du livre Moi aussi je voulais l'emporter de Julie Delporte, publié chez Pow Pow.

[ + Audio 🎙 ] Le masculin l’emporte sur le féminin, une règle de grammaire qu’on nous apprend dès l’école primaire. Dans ce livre, Julie Delporte nous partage ses réflexions sur ce que c’est d’être une femme.

« Ce livre, que vous tenez entre vos mains, devait parler de Tove Jansson. En octobre 2014, je pars en Finlande pour écrire sur elle (un documentaire ou une fiction, je ne sais pas encore). »

Ce sont entre autres ses recherches sur Tove Jansson, peintre, auteure et créatrice des Moomins, qui l’amènent à se questionner sur ce que c’est d’être une femme.

Lampe Moomins à 899 euros.

J’ai vu cette lampe des Moomins (899 euros) lorsque j’étais en Finlande en novembre 2014.

« « Elle n’a pas voulu d’enfants. Par peur de ne plus pouvoir peindre, mais aussi, disait-elle, parce que la guerre lui en avait coupé toute envie. » (Plus tard, les attentats en France et en Belgique me procureront la même excuse.) »

Moi aussi je n’aime pas cette règle de grammaire

« Je voudrais écrire un livre pour dire que… ça fait mal les règles de grammaire, que moi aussi je voulais l’emporter. »

Je me souviens très bien de ma réaction lorsque j’ai entendu cette règle de grammaire pour la première fois. Je ressentais ce que je ressens chaque fois que je constate une injustice. Je me souviens aussi que cette règle de grammaire avait des répercussions dans la cour de récréation.

Et surtout, je me souviens que cette règle de grammaire venait d’ajouter une couche à l’injustice que je ressentais déjà à la maison.

Parce que oui, j’ai été élevée injustement. Comme je suis une fille, je devais faire des tâches domestiques, alors que mes grands frères n’étaient pas obligés de faire quoi que ce soit.

Une fille, ça doit apprendre à tenir maison.

Je voulais tellement être un garçon pour avoir la paix.

Mais être un garçon ne me semblait pas être la meilleure idée du monde quand on me reprochait d’avoir les jambes musclées comme un homme.

 

Moi aussi je me pose des questions

Pour en revenir à Moi aussi je voulais l’emporter, disons que ça fesse. C’est le genre de livre que j’aurais aimé écrire, moi aussi.

Julie nous partage ses questionnements sur plusieurs sujets, comme les modèles féminins, l’amour, le féminisme, la grossesse…

« Quand elle était petite, ma sœur disait qu’elle voulait des enfants, mais pas de mari. Moi je disais que si j’avais des enfants, je voulais être le père, pas la mère. »

Perso, je dis souvent que j’aimerais être grand-mère et ne pas être mère. Et que je pourrais être une excellente belle-mère. Ou bien, que je voudrais peut-être des enfants si j’étais un homme.

Je sais, je parle encore de moi. C’est ce qui arrive quand on lit Moi aussi je voulais l’emporter. On se reconnait.

« J’ai peur de ne plus avoir d’amoureux… Quel homme va supporter une féministe? Quel homme vais-je pouvoir supporter? »

BANG! Encore une fois, Julie Delporte vise juste.

Et elle parle du méchant syndrome de l’imposteur, que trop de femmes connaissent.

« Je me force à rester à ma table à dessin. C’est difficile. Je finis par googler « syndrome de l’imposteur » et par me mettre à pleurer. »

« Si je n’ai pas de tendresse pour mes dessins, qui en aura? »

Julie revient aussi sur un épisode de son enfance. L’année où elle a appris à lire, elle a aussi appris la sexualité et la honte liée à un abus sexuel.

« Souvent, je regarde mon arbre généalogique en me demandant : lesquelles de ces femmes ont été violées? »

BANG, encore une fois!

Et même ce qui la réconforte n’est pas particulièrement réconfortant.

« Depuis deux mois, je porte un pull avec un narval, sur lequel il est écrit « gentil warrior ». Hier, je me suis dit, la baleine-licorne, la douce féministe, c’est moi. Mais vous savez quoi? Les narvals femelles, elles n’ont pas de corne. »

Ce livre devait parler de Tove Jansson et il le fait très bien. Julie Delporte ne s’est pas éloignée de son sujet de départ. Elle l’a amené plus loin, tout simplement.

Quelques lectures intéressantes :

Des auteurs recommandent Moi aussi je voulais l’emporter

Vous vous souvenez des courtes entrevues que j’ai faites avec des auteurs lors du Salon du livre de Montréal 2017? Moi aussi je voulais l’emporter a été recommandé 2 fois. Bonne écoute!

Mélanie Jannard est l’auteure de Calamine, publié aux Éditions de l’Hexagone. De plus, elle partage ses coups de cœur littéraires sur sa chaîne Youtube.

Francis Desharnais est auteur et illustrateur. J’ai craqué pour La guerre des arts et pour la trilogie Motel Galactic (conçue avec Pierre Bouchard/Pishier).

Moi aussi je voulais l’emporter
Julie Delporte
Éditions Pow Pow
ISBN : 9-782924-049488

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