Le souffle des feuilles et des promesses | Sarah McCoy

Couverture du roman Le souffle des feuilles et des promesses de Sarah McCoy, publié chez Michel Lafon.

Je l’avoue, je suis superficielle. Je ne sais pas si j’aurais lu ce livre s’il ne m’avait pas été recommandé. La couverture et le titre ne m’attiraient pas assez pour que je le priorise. C’est quand on m’a dit que c’est basé sur la vie de la romancière avant-gardiste Hallie Erminie Rives que j’ai eu envie de le lire.

L’inspiration pour écrire ce roman

« En 2010, j’ai visité la Nouvelle-Orléans en compagnie de mon mari. Il s’y rendait pour le travail; moi, pour le plaisir. Alors qu’il était en réunion, j’ai passé la matinée chez un antiquaire. C’est là que je suis tombée sur l’édition originale de Cœurs vaillants de Hallie Erminie Rives. Je vais donc commencer par remercier la librairie de Chartes Street à la Nouvelle-Orléans, qui a conservé cet ouvrage en parfait état pendant plus de cent ans et qui a permis à une étrange romancière de se réfugier dans ses rayons, pendant quatre heures, un jour de pluie. Je les félicite d’avoir sur résister à l’adversité en tant que libraires indépendants quand tant d’autres sont contraints de disparaître. » Sarah McCoy, dans ses remerciements.

Le roman

On suit la vie de Hallie Erminie Rives sur environ 10 ans, soit de 1896 à 1906. C’était une femme libre qui n’était pas pressée de se marier. Elle était à la fois effrontée et naïve. Elle voulait vivre de sa plume. Elle voulait se réaliser. À cette époque, c’était loin d’être commun.

« Deux jours plus tard, je tenais mon roman tapé à la machine. Si semblable à un vrai livre que je ne pus m’empêcher de renifler le papier et l’encre fraîche. Si l’ambition avait une odeur, c’était bien celle-là. »

Sa rencontre avec le journaliste et célibataire endurci Post Wheeler est déterminante dans sa vie. Cet homme la considère comme une égale, ce qui n’était pas commun non plus. Souvenons-nous, les Américaines n’avaient pas le droit de vote.

À partir de la page 66, Hallie Erminie et Post s’expriment en alternance. Ce procédé nous permet de comprendre ce qui se passe en chacun d’eux. On se retrouve très facilement entre les chapitres écrits par l’un et par l’autre.

Leur relation est compliquée, entre autres parce qu’ils ne voient pas ce que tout le monde voit autour d’eux : ils sont faits pour faire leur vie ensemble. Ils sont de réels alliés.

« Que les journalistes s’amusent à mes dépens, je l’acceptais de bonne grâce. Je ne tolérais pas, en revanche, qu’ils salissent le nom et la réputation de Hallie Erminie. »

Pendant ces 10 ans, on les voit se rapprocher et s’éloigner. On les voit cheminer chacun de leur côté.  Quelques fois, j’ai eu envie de dire à Post que ça suffit, qu’il faut qu’il fasse un adulte de lui-même!

« Ma rencontre avec Hallie Erminie fut pour moi comme si l’un des beaux papillons de nuit de Trouvelot s’était posé sur mon bras. Je découvrais une jolie créature délicate et soudain je me retrouvais attaché à une toile dont je ne pouvais plus me libérer. C’est le problème à trop se rapprocher du sexe opposé. Même des liens dépourvus de romantisme comme les nôtres finissent par prendre une tournure romantique. »

Hallie Erminie, qui écrit sur l’amour et la passion, chemine pour réaliser que l’amour peut être plus simple que dans les livres.

« Je l’aime. C’est peut-être suffisant. Sans l’ombre d’un complexe. Son conte de fées ne touchait pas à sa fin, pas de serments échangés, pas de robe blanche ni de grande fête. Et pourtant, son histoire avec Thomas était la plus sincère et la plus belle que j’aie jamais vue. J’en arrivais à me demander si l’amour ne pouvait pas être différent de ce à quoi j’avais toujours rêvé. »

Le plaisir de ce roman réside dans leurs réflexions, dans le contexte historique (ça se déroule suite à la Guerre de Sécession), dans le monde de l’édition et dans leurs voyages (États-Unis, Italie, Angleterre, France et Japon). C’est agréable à lire!

En terminant, je vous partage cet extrait, juste parce que je l’aime :

« Mlle Stockton, mon institutrice, venait de nous apprendre les homonymes. « Mots semblables » en grec. J’avais décidé que c’était ce que je préférais sur la terre. Des termes qui se disent de la même façon mais qui ne signifient pas la même chose. Une sorte de code secret que seuls l’auteur et son lecteur peuvent déchiffrer et qui permet au langage de s’épanouir sans limite. » Hallie Erminie, 9 ans

Et vous, avez-vous déjà lu du Hallie Erminie Rives?

 

* Ce livre m’a été offert par Les éditions Michel Lafon. Ce texte a été écrit de façon authentique et indépendante, comme d’habitude! Cliquez ici pour consulter ma politique éditoriale.

Le souffle des feuilles et des promesses (Proof of Providence)
Sarah McCoy
Les Éditions Michel Lafon
ISBN-13 : 978-2-7499-3264-4

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