Julie lit au lit

Le syndrome de takotsubo | Mireille Gagné

« Le syndrome de takotsubo, aussi appelé « syndrome du cœur brisé », a été initialement observé dans les années 1990 par des cardiologues japonais. Cette condition se définit par une forme rapide et transitoire de défaillance cardiaque aiguë, déclenchée par un stress, émotionnel et physique, intense. À l’électrocardiographie, elle se distingue par une ballonisation ventriculaire qui ressemble au takotsubo, mot japonais désignant les pièges à goulot étroit servant à capturer les pieuvres. »

Le syndrome de takotsubo se décline en 17 nouvelles :

  1.  La fois où j’ai perdu le nord
  2. Watashi-tachi
  3. Derrière les yeux du bourreau
  4. Quelque part entre la terre de Baffin et la Terre de Feu
  5. Le bondage invisible
  6. Le cri n’est pas une parole hermétique
  7. Tout est relatif
  8. Du GMS et des sulfites plein la peau
  9. ELLE
  10. J’aime
  11. Parler en silence
  12. Aller simple vers le paradis
  13. Le sourire de Bouddha
  14. L’angoisse de la page blanche
  15. Le cœur du bonsaï
  16. Watashi
  17. Happiness

Certaines nouvelles sont clairement liées entre elles (mais elles sont autonomes), comme la 2e et la 16e. D’autres sont liées d’une façon un peu plus subtile.

Chaque nouvelle débute par un court poème.

« Qu’est-ce que le cœur
sinon un muscle
de mémoire. »

« Le cœur vide
dans le plus beau des contenants
demeure vide. »

Les types de narrateurs varient selon les nouvelles. Il arrive que ça donne un point de vue différent sur une même histoire. Dans les extraits plus bas, j’ai fait attention de ne pas divulgâcher, donc vous ne verrez pas de liens.

« Tu n’as jamais été chanceuse dans la vie, encore moins en amour. Toujours rencontré les mauvaises personnes, au mauvais moment, celles dont les morceaux du casse-tête n’entrent pas dans les bons trous, celles qui vivent perpétuellement dans un autre fuseau horaire, celles qui n’ont pas de garantie prolongée à te vendre. »

« Claire Ross parle tout le temps, asphyxie les temps morts de malaise, de déception, de joie, de solitude. Une phrase sans ponctuation. Elle décrit ses moindres gestes en continu. Même ici, elle enterre le silence des autres, ne connaît pas ses frontières ni la limite imposée par le corps. Les paroles de Claire volent, tourbillonnent dans tous les sens, à la recherche d’une terre où se poser, se planter, mais les gens la fuient, les chiens aboient sur son passage. Son époux l’a quitté, évidemment; son fils ne la voit que très rarement. »

« J’ai erré plusieurs semaines dans la maison à la recherche d’un signe d’Avril, d’un mot, d’une pensée. J’ai repassé au peigne fin chacun des livres que nous avions lus ensemble dans l’espoir d’y dénicher une note qui m’aurait été destinée, qui m’aurait indiqué le chemin à prendre. »

J’ai aimé l’ensemble de l’oeuvre, même si je trouve que la dernière nouvelle, Happiness, est angoissante, un peu comme la série Netflix Black Mirror l’est. Mention spéciale à Le cri n’est pas une parole hermétique et à Parler en silence.

En terminant, je m’excuse à mes voisins qui m’ont peut-être entendue réagir à ceci :

« Je demande toujours qu’on m’appelle Théophile. Pas Théo. Je ne peux pas le supporter. On dirait un slogan de mauvais goût : Théo Paradis. Je ne peux pas croire que mes parents n’avaient pas pensé à ce jeu de mots insignifiant. »

* Ce livre m’a été offert en service de presse. Ce texte a été écrit de façon authentique et indépendante, comme d’habitude! Cliquez ici pour consulter ma politique éditoriale.

Le syndrome de takotsubo
Mireille Gagné
Les Éditions Sémaphore
ISBN : 978-2-924461-48-8

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